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28.01.2012

rubrique de Jacques TESTART..Biologiste...


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Le Sarkophage, 15 janvier 2012.

L'adversaire politique peut être légitime,pas l'ennemi du peuple!

Ce pouvoir « décomplexé » a osé contredire, en 2005, le résultat d’un référendum qu’il avait commandité, il détricote soigneusement et de plus en plus vite les acquis de décennies de luttes sociales pour les retraites ou les services publics, il vend à ses complices du privé les écoles, les hôpitaux, les trains et réduit la France des Lumières à devenir un marchand de nucléaire… Ce qui est nouveau n’est pas que le pouvoir privilégie certains intérêts, c’est qu’il leur soit entièrement dédié. Ainsi nos dirigeants qu’on désignait auparavant comme adversaires politiques sont devenus les ennemis du peuple. Mais, pour donner le change en évitant une rupture avec l’opinion, le pouvoir demande à la population d’exprimer son avis sur n’importe quel sujet : désormais, poser la question est devenu la fin en soi, et peu importe la réponse puisque la décision est prête, déjà mûrie dans les cercles « responsables » ! Alors on comprend mal qu’il se trouve encore des militants de bonne foi pour apporter leur caution au système, pour accourir quand le maître les siffle, pour s’appliquer à lui fournir des propositions bien argumentées. On peut excuser la naïveté des soutiers du Grenelle de l’environnement qui se sont jetés éperdument dans l’élaboration de solutions, souvent remarquables, lesquelles font aujourd’hui l’objet du plus grand mépris.... Mais pourquoi, si ce n’est que le leurre démocratique devient lui aussi un bizness, des associations continuent-elles d’aller au devant des souhaits du pouvoir jusqu’à lui proposer d’organiser des « procédures participatives » qui ne servent qu’à endormir le chaland ? La solution n’est pas dans les concertations et débats publics qui se font prendre pour de véritables participations*. Elle est nécessairement plus radicale comme l’indiquait George Contogeorgis, ancien ministre grec à propos du mouvement des indignés (Médiapart, 10 juin 2011) : « Ne nous berçons pas d'illusions. Les manifestations et rassemblements de protestation dans les rues et sur les places sont sans issue parce qu'ils ne s'attaquent pas à la cause du problème: la concentration monopolistique de la totalité du pouvoir politique entre les mains des détenteurs de l'État. Quand la société des citoyens, calmée ou épuisée, regagnera ses pénates, les hommes politiques continueront à discuter et co-décider avec les agents internes et externes des mécanismes dont ils sont les otages, à la surface de la politique (et qui les pourvoient en force, en argent, en communication, etc.)… En tout état de cause, la classe politique n'a aucune légitimité à dénier à la société des citoyens le droit de retirer, si elle le désire, sa confiance au système politique qui l'exclut de la participation à la procédure de prise des décisions ». L’humoriste Christophe Alévêque a bien exprimé le principe démocratique du néolibéralisme : « A quoi sert de violer les gens quand on peut les baiser ? » (Politis, 22 décembre 2011). Des élections périodiques comme nec plus ultra de la démocratie et des concertations comme dérivatifs entre deux périodes électorales, voilà la recette d’un système qui s’oppose aux intérêts des gens sans les violenter !


•voir la rubrique démocratie sur ce même site : rubrique démocratie

27.01.2012

Le SENAT a basculé à gauche et pourtant!!!!!

Le Sénat se prononce pour le financement public des crèches confessionnelles privées !
Par l'UFAL


Mardi 24 janvier 2012 Permalien vers cet article Une proposition de loi, déposée au Sénat par Mme Françoise LABORDE (RDSE), visait à étendre le respect du principe de laïcité aux crèches privées, suite à l’affaire récente de l’association « Baby-Loup ». On rappelle néanmoins que la Cour d’Appel de Versailles avait confirmé la validité du règlement intérieur de cette crèche privée subventionnée, imposant à ses salariés la neutralité religieuse : toutes les dispositions initiales proposées n’étaient sans doute pas exemptes de défauts.

Mais le pire est venu des amendements présentés par Alain Richard (PS), et adoptés par la majorité sénatoriale. Véritablement détournée, la proposition a été votée par le Sénat le 17 janvier 2012, et transmise à l’Assemblée Nationale.

L’article 2 introduit subrepticement deux dispositions contraires au principe de séparation posé par la loi de 1905 :

« Les deux alinéas précédents [obligation de neutralité du personnel] ne sont pas applicables aux personnes morales de droit privé se prévalant d’un caractère propre porté à la connaissance du public intéressé. Toutefois, lorsqu’elles bénéficient d’une aide financière publique, ces personnes morales accueillent tous les mineurs, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyances. Leurs activités assurent le respect de la liberté de conscience des mineurs. »

Ainsi serait explicitement introduite la possibilité pour les collectivités publiques de subventionner les crèches confessionnelles (comme le fait la Mairie de Paris avec les crèches intégristes Loubavitch). La condition vertueusement posée d’« accueillir tous les mineurs, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance » et de « respecter la liberté de conscience des mineurs » ne saurait masquer cette nouvelle atteinte au principe de séparation.

De surcroît, serait étendue aux crèches confessionnelles la notion de « caractère propre », qui ne s’appliquait jusqu’ici qu’au seul enseignement scolaire. Or ce principe a été inventé de toutes pièces par le Conseil Constitutionnel en 1977 pour justifier le subventionnement public de l’enseignement privé confessionnel sous contrat (loi Guermeur) : c’est de ce fâcheux précédent que se réclame explicitement Alain Richard. Les défenseurs de la laïcité de l’école publique apprécieront ce soutien inattendu aux lois scolaires anti-laïques.

Les débats montrent, hélas, que sur ces deux points, aucune contestation de fond ne s’est exprimée.

Cette remise en cause, venant de la gauche, est préoccupante : « se faisant un paravent du manteau de la laïcité », elle fait suite à celles du Conseil d’État (arrêts du 19 juillet 2011) étendant les possibilités de subventions publiques d’investissement aux cultes. Que vaut, dès lors, l’engagement du candidat socialiste à la Présidence de la République de « constitutionnaliser la loi de 1905 » ?

19.01.2012

En finir avec Sarkosy et après?

Chronique d'Evariste
En finir avec sarkozy, mais après ?
Samedi 14 janvier 2012

Par Évariste
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Quand François Mitterrand et la gauche gagnèrent en 1981, nous y avons cru pendant 1 an et demi. Nous avons fermé les yeux sur la naissance de la première franchise anti-sociale, le forfait hospitalier. Nous n’avons rien dit quand François Mitterrand refusa de revenir sur la loi de 1973 limitant fortement la possibilité du financement de l’État par la Banque de France. Nous avons été peu à critiquer le tournant néolibéral de 1983 qui permit aux capitalistes de modifier la répartition des richesses en faveur du profit et en défaveur des salaires.
Quand François Mitterrand et la gauche revinrent au pouvoir en 1988, peu dirent que cela serait pire que pendant la période 1983-1986. Et pourtant, François Mitterrand refuse de revenir sur l’autorisation administrative de licenciement ou sur la décision de Chirac-Seguin de désindexer les retraites sur les salaires pour les indexer sur les prix alors que c’est la raison principale de la baisse des retraites aujourd’hui. Pire, le livre blanc de Michel Rocard sur les retraites augure de ce que fera la droite dès 1993 à son retour au pouvoir.
Quand Lionel Jospin et la gauche gagnent de nouveau en 1997, personne ne croit qu’il va appliquer pour des millions de salariés (les ouvriers et les employés) une baisse de salaires1. Personne ne croit qu’il va faire la CMU pour les très pauvres en abandonnant les pauvres dans l’accès aux soins (ceux qui gagnent au-dessus du plafond de la CMU et moins de 1,3 SMIC) dont une partie va faire de la renonciation de soins pour cause financière et rejoindre le vote d’extrême droite. Personne ne croit qu’il va dire que l’État ne peut rien contre les licenciements de Renault alors que la part de l’État dans cette société faisait qu’elle avait le pouvoir. Personne ne croit qu’il va signer la stratégie de Lisbonne, transformer le Code de la mutualité solidaire en code assurantiel, etc., etc., etc.
Alors quid du 6 mai 2012 ? Notre journal fera tout pour tourner la page de Nicolas Sarkozy et de sa politique néolibérale. Mais nous souhaiterions que cela soit pour une vraie rupture. Et là, nous avons quelques craintes. Car nous sommes dans une situation plus que préoccupante.
Trois chercheurs suisses, Stefania Vitali, James B. Glattfelder et Stefano Battiston de l’École polytechnique fédérale de Zurich, spécialistes en réseaux complexes, ont publié, le 26 octobre dernier dans la revue scientifique en ligne américaine PlosOne, un article qui montre que les participations de 737 firmes mondiales dans les autres entreprises du réseau leur permettent de contrôler 80 % de la valeur (mesurée par le chiffre d’affaires) de la totalité du réseau. Et que 147 firmes contrôlent 40 % de cette valeur totale. Même si une polémique se développe sur cette étude en arguant par exemple que cette étude sous-estime l’influence de certains États sur les grandes firmes par exemple, tout le monde est d’accord pour conclure à un accroissement de la concentration du pouvoir dans le monde.
Un nouveau rapport de l’Internationale de l’éducation (membre de la Confédération syndicale internationale CSI) intitulé Global Corporate Taxation and Resources for Quality Public Services (Taxation des sociétés au niveau mondial et ressources pour des services publics de qualité) a rendu public à Londres, les énormes pertes de revenus pour les gouvernements dues à l’évasion fiscale des entreprises et surtout des multinationales.
Arrêtons notre liste. Nous pourrions montrer des centaines d’études décrivant la réalité matérielle que nous cachent le 20 h de TF1 et de France 2 et dont on n’entend pas beaucoup parler par les dirigeants de la gauche.
Mais ces exemples sont suffisants pour montrer que les difficultés deviennent plus fortes et qu’une gauche digne de ce nom doit prendre à bras le corps dès le 7 mai 2012 au matin en cas de victoire que nous souhaitons ardemment.
Tout cela pour dire que la gauche si elle ne veut pas une fois de plus décevoir le peuple devra engager sur le temps court une rupture contre la finance libéralisée, contre le libre
échange, contre l’austérité salariale et contre la contre-révolution fiscale. C’est même une condition de la sortie de crise y compris celle de la dette publique.
Les promesses faites par François Hollande, acceptées par le PS et les écologistes d’EELV, de 50 milliards d’économies en 2012-2013, d’une taxation sur les transactions financières de 0,05 % (José Manuel Barroso, président de la Commission européenne propose 0,1 % !), d’autoriser que la BCE rachète des emprunts d’État (ce qu’elle fait déjà à hauteur de 140 milliards d’euros, mais seulement sur le marché secondaire alors qu’il faudrait que la BCE le rachète directement aux États et donc désobéir à l’article 123 du Traité de Lisbonne), de refuser la retraite à 60 ans, ne sont manifestement pas à la hauteur des enjeux et refusent en fait les ruptures nécessaires de temps court. Alors que dire des nécessaires ruptures de temps long pour aboutir aux 4 ruptures et à l’application des 10 principes de la république sociale que nous appelons de nos voeux…
Pourtant, l’euphorie des 3 millions de votants aux primaires socialistes devrait laisser place à un peu de lucidité. Tout d’abord, les 4 et 3 millions de votants respectivement des deux primaires italiennes n’ont pas empêché le désastre programmé de la gauche italienne. Puis, le problème politique majeur est de combler le fossé entre la gauche et les couches populaires (ouvriers, employés, représentant 53 % de la population) sans quoi toute transformation sociale et politique n’aura pas lieu. Et sur ce point, une étude de l’IFOP du 4 janvier montre bien que la primaire socialiste a surtout mobilisé les populations âgées et diplômées et a été boudée par la grande majorité des jeunes, des ouvriers et des employés. Même Arnaud Montebourg n’a pas réussi à toucher la France du « non ». Il a plutôt fait ses voix dans les départements droitiers (en dehors de son fief) et « tertiarisés » du quart sud-est alors que Martine Aubry a plutôt fait ses voix dans le Nord et François Hollande a fait de bons résultats en Corrèze et dans le quart sud-ouest.
Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, a pourtant assuré que « l’électorat populaire ne sera pas oublié ». Cela nous rassurerait si nous ne savions pas qui est Pierre Moscovici. Beaucoup se posent des questions sur sa capacité d’être toujours là dans les avant-postes du pouvoir.
Et bien disons-le derechef, il est le vice-président du Cercle de l’Industrie, un des plus importants lobbies patronaux du CAC 40. Vous avez bien lu. Et, bien oui, le directeur de campagne du candidat socialiste est un des dirigeants d’un des plus importants lobbies du CAC 40. Il n’est pas neutre d’être dans les conseils d’un candidat socialiste à la présidentielle et en même temps d’être co-responsable des politiques néolibérales dans la finance internationale ou dans les directions des multinationales. Vous me direz, c’est comme Karine Berger qui coordonne les experts, Emmanuel Macron, Stéphane Boujenah,Henri de Castries, André Martinez, Élie Cohen, Jean-Hervé Lorenzi, Jean-Paul Fitoussi, etc. Tous des dirigeants du monde des affaires. Conflits d’intérêts à tous les étages. Donc la question se pose, que font tous ses patrons ou ex-patrons qui ont codirigé les politiques néolibérales dans la période passée. Déjà le portugais José Sócrates, l’espagnol José Luis Zapatero, le grec George Papandréou et le belge Elio Di Rupo nous avaient habitués à cogérer le néolibéralisme dans leurs pays respectifs avec le patronat. On a vu les résultats.2
Nous y allons un peu fort ? Non, on recherche la vérité ! Raison de plus pour soutenir votre journal ReSPUBLICA qui a besoin de votre soutien financier et de soutenir son partenaire le Réseau Éducation Populaire (REP) qui sillonne la France avec ses 150 initiatives annuelles d’éducation populaire tournées vers l’action pour armer les citoyens pour que tous ensemble, nous puissions reprendre le chemin de l’émancipation et de la transformation sociale et politique.

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